dimanche 10 septembre 2017

Erroll Garner - Concert By The Sea. Forcément ça change tout


Jimmy, non pas toi, mais Jimmy Giuffre c'était donc pas ça, alors que ça c'est bien ça, pas de doute.
J'ai déjà chroniqué cet album sur mon ancien blog (Get Happy!, comme ça j'éclaire sur le nom de celui ci)

Si vous lisez un peu de littérature éclairante sur ce monde, cet univers, ce cosmos (il y a quoi encore plus grand?) qu'est le jazz vous apprendrez de belles histoires sur ce monsieur qui met en joie.

Je ne vais pas m'y mettre, mais je peux toujours faire de la publicité pour ce qui se fait de mieux dans le genre, croyez moi, c'est autre chose que "j'aime pas le jazz, mais ça on m'avait pas dit que c'en était et que alors donc je suis nul" Même mieux que le "jazz pour les nuls", justement, déjà bien sympa, mais ce livre:

Passeport pour le Jazz de P. Adler et de P. de Chocqueuse

Des passionnés qui expliquent sans s'attarder sur l'histoire du Jazz, juste de quoi montrer pour ensuite conseiller et raconter des disques.

Du coup je me permets de les citer, pas que pour remplir mon texte (quoique) mais aussi pour prouver une qualité d'accroche
Donc

Ses musiciens ignoraient souvent ce qu'ils allaient jouer. Dès l'exposé de "I'll remember April", les variations harmoniques que Garner propose, non sans humour, ne laissent en rien présager le thème qu'il va tardivement décliner. Sur de solides standards -"Autumn Leaves, April in Paris" le pianiste, très en verve, construit de folles architectures sonores et redonne à des airs ultra-pillés leurs statuts de grandes mélodies. Sa version de "How could you do a thing like that to me" témoigne à cet égard de son génie créateur.

Hé, c'est quand même bien raconté, j'adore ces mots comme "verve (tiens, une maison de jazz aussi)" "à cet égard" "présager" et surtout cette envie d'écouter, que ça vous prend, allez quoi, avouez...



000. Erroll Garner - Concert By The Sea - How Could You Do A Thing Like That To Me




Et moi j'ajoute pour illustrer: ce titre tellement écouté

Cette capacité qu'il a à tourner le dos à la tristesse normalement ressentie pour préférer un sentiment plus doux, comme une suite possible à la vie d'amants déchirés.
Sans oublier les moments magiques où ses doigts partent en vadrouille sur toutes les touches du piano.




001. Erroll Garner - Concert By The Sea - Autumn Leaves



Haaa quel bonheur. Mon cher Erroll, si vous permettez. 
Je quitte un Jimmy qui m'a bien refroidi. Peut-être n'étais je pas prêt. Ne le serais jamais qui sait.
En parlant de froid, il y a votre annonce du printemps que je me délecte à écouter.
Vous savez, Avril c'est ce mois qui souffre du dicton mais qui annonce quand même cette saison qui relance, nous replace dans le manège pour un tour.

Hé quoi, à Paris en plus... 



001. Erroll Garner - Concert By The Sea - I'll Remember April






002. Erroll Garner - Concert By The Sea - April In Paris




Allez encore quelques petites réjouissances.
Par exemple ce titre, ça chauffe, ce n'est pas Jerry Lee Lewis, mais il y a du contentement et l'entendre "grogner" tout en swinguant ça me sauve les soucis d'une journée... si si..



001. Erroll Garner - Concert By The Sea - It's All Right With Me




Pas fini, pas partir.. vous vous souvenez?
Et Erroll de revenir jouer son titre fameux en 1971 pour Clint.
Peut pas se tromper.

Attention aux cardiaques, il y a parfois comme des arrêts de coeurs qui prouvent que le monsieur, même vers la fin...

Et on se lasse pas de ces mélodies qui explosent l’étanchéité musique et image




001. Dee Barton - Play Misty For Me - Misty (Erroll Garner)






002. Don Byas - A Night Out With Verve - Disc 4 - Misty




 Ben quoi, quand cadeau, alors cadeau
Car pour mes abonnés à la Drooppy Box, le concert en entier, les concerts même.
Quel intérêt?
Bonne question, je me suis longtemps contenté du simple.
Le trop peut être l'ennemi du mieux déjà pas copain avec le bien.
On pourrait débattre, mais voilà.
Pour revenir à l'image qui évoque la musique qui évoque le film qui évoque la mélodie qui évoque l'ambiance et pour finir l'humeur.

Pas question de résister



001. Erroll Garner - The Complete Concert By The Sea Cd2 - Laura






002. Charlie Parker - Charlie Parker With Strings- The Master Takes - Laura






Non, mon voyage Garner ne touche pas à sa fin... à suivre

samedi 2 septembre 2017

Jimmy Giuffre: Fusion, Thesis & Free Fall. Échoué sur le rivage


Je n'aborde pas ou si peu. Je n'accoste pas ou à peine.
J'échoue.
Je persiste sur cette image de fleuve Jazz, mais sur Giuffre ... Je sèche, je cale (Cale sèche, je souligne assez content de mon effet)

Six mois d'essais infructueux. Pourtant début Mars c'était plutôt bien partie:




001. Jim Giuffre Trio - Jim Giuffre 3 - The Train And The River






Je me suis abîmé sur cet album. 
Vaincu. 
J'ai tenté, par tous les temps, toutes les températures, toutes le humeurs.
À l'eau, au Mercurey, un verre à la main les yeux perdus face aux tours qui surplombent (plombent?) mon immeuble.



001. Jimmy Giuffre - Free Fall - Motion Suspended






001. Jimmy Giuffre - Free Fall - Yggdrasill






Dommage, erreur .
Pas la bonne méthode.

"Fusion", l'album, je connaissais et j'en aimais bien quelques caractères.
Par exemple ce "Jesus Maria", mais ma grille d'écoute était passé d'abord par Carla Bley (vivement que je l'aborde!!) et je n'avais pas encore dans l'oreille la glaçitude de "Free..."




000. Carla Bley Band - Musique Mécanique - Jesus Maria And Other Spanish Strains






001. Jimmy Giuffre - Jimmy Giuffre 3 (Fusion) - Jesus Maria





001. Jimmy Giuffre - Jimmy Giuffre 3 (Fusion) - In The Mornings Out There







Tandis que je vous écris, me remonte mon ancien plaisir d'écoute de ces titres, amusant comme la mémoire peut proposer un souvenir d'émotion sans qu'elle ne se reproduise.
Ce phénomène ne concerne pas que la douleur donc.

Me reste ce sentiment de vide, d'espace sans perspective. Brrrr



Et "Thesis" comme le chaînon présent.
Présent à la chaîne qui m'empêche d'approcher, ne serait ce qu'un peu de cette promesse de félicité qui ne restera qu'un écrit de passionné:

Joué doucement, le jazz retient autant le parfum et l'intensité qu'il possède que lorsqu'il est joué en force; il révèle alors de nouvelles dimensions émotionnelles que cache un volume sonore excessif. (Jimmy Giuffre  1956)

Il reste, il plane les compositions de Carla & Paul Bley, Une approche qui facilitent l'écoute de titres promis à davantage de distance (toujours cette chaîne)



001. Jimmy Giuffre - Jimmy Giuffre 3 (Thesis) - Ictus






002. Jimmy Giuffre - Jimmy Giuffre 3 (Thesis) - Carla






003. Jimmy Giuffre - Jimmy Giuffre 3 (Thesis) - Sonic






004. Jimmy Giuffre - Jimmy Giuffre 3 (Thesis) - Whirrrr






005. Jimmy Giuffre - Jimmy Giuffre 3 (Thesis) - Temporarily






On peut se poser la question, moi je ne me la pose plus depuis longtemps.
Pourquoi insister quand cela ne plait pas?

C'est parce que ce n'est pas de déplaisir qu'il s'agit, mais du sentiment d'une découverte à venir, qui ne se révèle pas de suite, par insuffisance de préparation, d'initiation, d'écoute peut-être...

La plupart du temps ça marche pour moi. Il suffit qu'un passionné, sincère, communique ses convictions pour que je m'y mette.

Tant pis, je vais maintenant laisser le temps et ma mémoire décider du bon moment...
... en attendant, un concert à la mer me fera un grand bien.

dimanche 27 août 2017

Dan Fogelberg & No-Man. La question qui tue, quel lien les lie? La réponse achève, lu par Lily!


001. No-Man - Schoolyard Ghosts, Cd1 - Wherever There Is Light






001. Dan Fogelberg - Nether Lands - Sketches







C'est beau, hein? Et puis ça nous prépare à l'introspection propre aux fins d'années... Ou comme le chante notre Sinatra

mercredi 23 août 2017

Zappa. À dire. Beaucoup: Absolutely Free & Lumpy Gravy (Invités d'honneur Edgard Varese, Richard Wagner)


... Et donc Monsieur, était finalement sérieux mais ne se prenait pas au sérieux.

Sérieux, oui, cette longue tirade musicale juste avant (?) les Soft Machine ou Gong... Bon, c'était dans l'air alors




001. Frank Zappa - Absolutely Free - Invocation And Ritual Dance Of The Young Pumpkin

lundi 21 août 2017

J'ai souvent souhaiter avoir un peu de Jerry en moi...


Beaucoup à dire.
Ici, au vu de Jerry dirigeant l'orchestre de Count Basie, je dirai qu'il m'a appris à écouter la musique ... avec le corps :-)









samedi 19 août 2017

Wagner, Parsifal Fin? Sacré Opéra!



Enfin, il était temps!
Ho, hé!! Parsifal a lui aussi pris son temps pour retrouver les gardiens du Graal, plusieurs années me dit on.

Et puis, tiens, aparté pour appâter, tenter,  faire aimer.
Je.
Quand je décide de commencer un opéra, j'ai tout un cérémonial! Que je ne pratique pour aucun autre type de musique.
Quand je découvre un opéra, je n'en écoute pas d'autre.
C'est sacré et j'y tiens.
J'ai surmonté la difficulté de l'écoute et je sais que j'y trouverai mon plaisir, mais rarement de suite.
Ça viendra, je me suis rarement trompé (Wozzeck, Zoldaten sont des exceptions, coûteuses en temps)

Alors je découvre et m'attarde sur tout ce qui peut me guider, car un Opéra c'est un édifice.

Rien que ses sources d'inspiration, avant de devenir, ce sont des histoires, avant, pendant et après.
Ici une oeuvre énorme et un parcours sans fin: En vrac, les chevaliers du Graal, Chrétien de Troyes, les légendes, le cinéma: Indiana, Excalibur, le christianisme, Monty Python mais oui, rien ne se perd et tout est dans le etc...

Rien que la création.
Ici, ce que Wagner retient, ce qu'il construit, histoire réinterprétée, nous pousse a des bribes de cultures: l'influence de Schopenhauer, la lecture pour suivre les événements racontés.

Rien que SA musique.
Ici, Wagner, même si le mot opéra repousse ... Merde ses ouvertures!! Échappées de l'oeuvre, menant leurs propres itinéraires, récupérées pour la bonne cause. Comme photographier un pilier finement orné, en oubliant ce qu'il soutient.

C'est pour Parsifal:




001. Richard Wagner - Parsifal (Knappertsbusch 1962) Cd1 - Act 1 - Vorspiel





Pour la bonne cause:



Pour la très bonne cause:






Rien que le chant.
Ici ou là, houla! Ça coince. L'obstacle, Féminin, masculin, enfantin, aigu, grave, murmuré, forcé, vibraté.
C'est ici qu'est l'abandon. Pas mémorisable, pas fredonable alors pas mémorable? Fatigant? (Je m'inscris en faux à moi-même considérant une belle part de l'Opéra Italien... Passons)

Mais je comprends de quoi il retourne, je sais d'où cela vient et où cela mène. Et soudain la révélation du chant. La récompense. Surmonté. Enfin. Le Graal!!!




001. Richard Wagner - Parsifal (Knappertsbusch 1962) Cd4 - Du Siehst, Das Ist Nicht So





002. Richard Wagner - Parsifal (Knappertsbusch) - Mittag. Die Stund' Ist Da - Verwandlungsmusik







Rien que les premiers chroniqueurs, bien avant les rock-critics: Debussy, Stravinsky, Boulez entre autres, des écrits passionnés, passionnants... Une fois son nez dedans, le risque de posture "Culture comme la confiture" s'estompe au bénéfice de l'excitant et du prenant.

Extrait:

Pour la génération à laquelle j'appartiens, Wagner était une musique "oubliée"... Elle avait fait partie de l'éducation générale, au même titre que les oeuvres capitales du passé, mais le contact avec le monde qu'elle représentait ne se faisait qu'avec peine. La polémique, après avoir longtemps empoisonné les jugements sur Wagner, devenait sans objet, paraissait inutile, absurde: une sorte d'indifférence avait remplacé les prises de position partisanes. Faut-il s'en étonner? ...
Chaque génération s'approprie certains conflits auxquels la suivante cesse de s'intéresser.......

Pierre Boulez, copié sur l'Avant Scène Opéra consacré à Parsifal.





Ma frustration.
La scène. Le moment vécu, le tout: musique, chant, acteurs, mise en scènes, décors et même davantage: la fidélité, la modernisation, la querelle bien de notre temps, pourquoi transposer?
Et surtout la multiplication des spectacles ...

... et pour presque finir, en ce qui me concerne.



Chercher, se laisser guider, écouter, tester et pour finir. Décider ce qui sera l'accompagnement de ce moment privilégié que l'on fait durer jusqu'à atteindre ce qui doit être l'aboutissement, l’inaccessible étoile.

Parsifal est à moi.

Je fais mien.

Ils étaient nombreux sur ma liste. De grands noms: Boulez, Karajan, Solti... de grand noms à ma pogne, c'est moi qui décide, je les domine dans ma bulle délirante.

Je redescends, davantage les conseils quasi unanimes que les écoutes: je me tourne vers M. Knappertsbusch.
Parcece que encensé, parce que Bayreuth (Tiens une histoire de plus) parceque son nom m'a de suite attiré...

C'est une de ces exécutions que je vous propose ici en extrait et complet pour les abonnés Drop Box.

Donc...


001. Richard Wagner - Parsifal (Knappertsbusch 1962) Cd4 - Nur Eine Waffe Taugt





002. Richard Wagner - Parsifal (Knappertsbusch 1962) Cd4 - Höchsten Heiles Wunder!




... Parsifal de retour soigne la plaie de Amfortas avec la lance sacrée.

C'est pas pour dire ni bâcler, mais pour en savoir davantage, voir sous l'image suivante.

Ainsi je peux revenir a ce qui restera de mon Parsifal en plus des instants musicaux, les monologues des "basses",
l'acte II sensuel, un sommet, comme si avoir échappé en grande partie à la lourdeur christique Wagner pouvait enfin libérer son génie pour proposer ses plages hédonistes (contrariées? Oui, mais on en profite)
Enfin tous ces choeurs majestueux, grandioses, olympiens (Oops, non, pardon) augustes alors? Toujours pas?


Quoi vouloir savoir?

Alors le film pour dire


On le trouve en entier sur Youtube
Je l'ai rippé et Zipsharé pour les abonnés à ma Drop.

Il raconte tout, il interprète. Parti-pris poétique, comme de la plume pour alléger le plomb qui coule le long de l'acte I et III, même le Happy-end à quelque chose de  ...




Et maintenant, un autre grand moment.

Quel sera le prochain?

Ciao


mercredi 16 août 2017

Zappa? Pas Zappa? C. Delbrouck, Zappa Pas à Pas


Au départ je voulais faire du titre à titre, tellement j'ai été emballé par la lecture mais surtout par le résultat sur mes écoutes des premiers Zappa.

Et puis non, j'allais juste faire moins bien que ce tome 1 que je place en photo. Au dessus, la haut.. oui. C'est ça.

Vieux débat, la musique à quoi bon en parler, à écrire... On aime ou on aime pas.
Haaaargh, madame, non, non et non.